🌍 Bloquer une app en Éthiopie la bloque aussi en Palestine

GrĂące au Google Play Store 'Rest of the world'

🌍 Bloquer une app en Éthiopie la bloque aussi en Palestine

Courts-circuits

🆕 Les derniùres perturbations de l’internet

Les derniers blocages en date :

Syrie đŸ‡žđŸ‡Ÿ On arrive semble-t-il Ă  la fin des coupures temporaires de l’accĂšs Ă  internet pour cause d’examens en Syrie. La derniĂšre salve devrait se terminer le 3 aoĂ»t, d’aprĂšs Cloudflare. Certains examens ont Ă©tĂ© retardĂ©s Ă  cause de conflits dans certains gouvernorats.

A Soueïda, justement, des conflits entre Druzes et Bédouins ont également mené (malheureusement) à des coupures internet.


NĂ©pal đŸ‡łđŸ‡”MalgrĂ© l’annonce du blocage de Telegram le 18 juillet, justifiĂ© par le gouvernement en accusant le service de messagerie de ne pas assez lutter contre les fraudes et le blanchiment d’argent, l’ONG GreatFire a indiquĂ© le 25 juillet que l’appli Ă©tait toujours disponible dans le Google Play Store et l’Apple App Store.


Chine 🇹🇳 PĂ©kin, elle, a bloquĂ© l’accĂšs Ă  OnlyFans dans le pays le 21 juillet. Le rĂ©gime de Xi Jinping voit l’appli britannique de contenus pour adultes comme “immorale”. Cette mesure s'inscrit dans une rĂ©pression plus large ciblant les plateformes Ă©trangĂšres, incluant des restrictions sur les jeux vidĂ©o, les films importĂ©s et les rĂ©seaux sociaux comme Instagram et Reddit.


Kenya 🇰đŸ‡Ș Une nouvelle coupure a touchĂ© deux opĂ©rateurs, Jambonet et et Zuko, le 18 juillet. Sans explication Ă  ce jour



Iran đŸ‡źđŸ‡· 145 millions d’euros. C’est ce qu’auraient coĂ»tĂ© les coupures internet au pays - et ce n’est pas moi qui le dis, mais Sattar Hashemi, le ministre iranien des Communications devant le parlement le 22 juillet. « Ce chiffre Ă©quivaut au budget annuel de certains ministĂšres », a-t-il dĂ©clarĂ©, attribuant ces pertes aux perturbations dĂ©libĂ©rĂ©es de l'accĂšs Ă  internet. Ces restrictions, a-t-il affirmĂ©, ont entraĂźnĂ© une rĂ©duction de 30% de l'emploi dans le secteur numĂ©rique, menaçant directement les moyens de subsistance d'environ 10 millions d'Iraniens qui en dĂ©pendent.

Encore plus Ă©tonnant : Hashemi a pris ses distances avec les dĂ©cisions derriĂšre ces restrictions. “Ces limitations ont Ă©tĂ© imposĂ©es par les autoritĂ©s compĂ©tentes et les agences de renseignement et de sĂ©curitĂ©â€, a-t-il prĂ©cisĂ©, Ă©voquant des mesures officiellement justifiĂ©es par “la nĂ©cessitĂ© de prĂ©server la sĂ©curitĂ© nationale”.

Il a aussi Ă©tĂ© rapportĂ© que le 15 juillet, le Conseil suprĂȘme du cyberespace a approuvĂ© les rĂšglements exĂ©cutifs du ComitĂ© pour la facilitation des entreprises numĂ©riques, une rĂ©gulation ayant l’ambition de dĂ©velopper davantage l’infrastructure d’un internet Ă  plusieurs niveau - qui laisserait certaines classes se connecter quand d’autres seraient privĂ©s d’un accĂšs Ă  internet.


Irak đŸ‡źđŸ‡¶ Des coupures internet nocturnes ? Que nenni, rĂ©pond le ministre irakien des Communications. La semaine derniĂšre, le Dr. Furqan Maher, professeure et reprĂ©sentante de l'Alliance diplomatique internationale en Irak, a proposĂ© de limiter l'accĂšs Ă  internet entre minuit et 6 heures du matin pour “rĂ©guler le sommeil et protĂ©ger les familles.” Une bien Ă©trange suggestion



Turquie đŸ‡čđŸ‡· Pas tout Ă  fait des coupures internet, mais on s’en rapproche. Un tribunal turc a demandĂ© Ă  bloquer l'accĂšs Ă  plusieurs articles de presse couvrant les manifestations de travailleurs Ă  KRT TV, y compris des reportages critiques envers le propriĂ©taire de la chaĂźne, Fırat Bozfırat, selon l'Association pour la libertĂ© d'expression (İFÖD), une organisation surveillant la censure sur internet en Turquie. Les raisons avancĂ©es : “sĂ©curitĂ© nationale” et “protection de l'ordre public”.


Le reste de l’actu de la censure numĂ©rique en bref :

đŸ‡·đŸ‡ș🛃 La loi russe interdisant les contenus “extrĂ©mistes” a Ă©tĂ© adoptĂ©e. Ce sont plus de 56 000 sites qui pourront devenir inaccessibles. Par ailleurs, le Kremlin continue de faire fermer des applications de VPN et pourrait mĂȘme interdire WhatsApp.

📮 Une panne majeure a touchĂ© le service d’internet par satellite de Starlink le 24 juillet, affectant des populations qui sont dĂ©pendantes Ă  ce service, dans des zones reculĂ©es ou des zones de conflits, comme en Ukraine. Le service a Ă©tĂ© rĂ©tabli.

đŸ’± Bitchat, la nouvelle application de Jack Dorsey pour s’envoyer des messages sans connexion internet (via Bluetooth) peut aussi ĂȘtre utilisĂ©e pour s’envoyer des bitcoins.

Fusibles ou disjoncteurs ?

🔎 EnquĂȘte sur le rĂŽle du secteur privĂ©

Ces 50 territoires liés par leur Google Play Store

Crédit: Yuri Samoilov / Flickr

Cette semaine, pas de nouvelle de l’affaire Tencent/Group-IB contre l’ONG GreatFire. MalgrĂ© mes sollicitations auprĂšs de Tencent, de l’ex-hĂ©bergeur du site FreeWeChat et de Gandi.net, ces derniers ne m’ont pour l’instant pas rĂ©pondu. J’ai relancĂ© Cloudflare, sans succĂšs non plus Ă  ce jour.

En attendant, j’aimerais partager un fait incongru, liĂ© Ă  la censure d’applications mobiles.

Quand vous allez dans votre Google Play Store (ou Apple App Store pour les propriĂ©taires d’iPhone), vous ne le savez peut-ĂȘtre pas, mais les applications que vous voyez et que vous pouvez tĂ©lĂ©charger sont accessibles uniquement dans le magasin d’applications de votre pays. Il n’est pas certains que votre ami.e de l’autre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre ait accĂšs aux mĂȘmes applications.

Attention, jusqu’ici, je ne parle pas de censure ! Par exemple, l’application française de paris en ligne Winamax n’est pas disponible au Royaume-Uni, probablement car elle n’a pas de licence pour opĂ©rer dans le pays.

Autre exemple : au Romyaume-Uni, l’application American Express est ‘Amex United Kingdom’, alors que celle que les Français pevent tĂ©lĂ©charger s’appelle ‘Amex France’ - et ce sont bel et bien deux applications diffĂ©rentes.

Jusqu’ici, vous me suivez ? Parfait.

On pourrait donc se dire qu’il y a autant de versions du Google Play Store que de pays dans le monde. Pas tout à fait


En fait, il y a 49 ‘territoires’ (j’utilise ce terme faute de mieux car ils comprennent des pays, des rĂ©gions administratives dĂ©pendant d’un autre pays et des territoires isolĂ©s appartenant Ă  une rĂ©gion administrative d’un pays) qui n’ont pas leur propre Google Play Store.

A la place, ces 49 territoires sont regroupĂ©s dans un seul et mĂȘme magasin d’applications appelĂ© ‘Rest of the world’.

Bien sĂ»r, on peut comprendre que Google regroupe certains territoires isolĂ©s dans un mĂȘme magasin, pour des raisons opĂ©rationnelles, par exemple. Mais on trouve tout de mĂȘme des pays de taille consĂ©quente dans cette liste, comme l’Afghanistan, l’Ethiopie, Madagascar, la Mauritanie ou encore la Mongolie.

En rouge : pays dans lesquels Google a un Play Store indépendant. Source : Google

ConcrĂštement, d’aprĂšs un porte-parole de l’ONG GreatFire, qui lutte contre la censure numĂ©rique en Chine et ailleurs dans le monde, cela signifie que lorsque Google retire une application du Play Store en Ethiopie ou en Afghanistan, par demande du gouvernement du pays par exemple, il doit la retirer du magasin ‘Rest of the world’. Ce qui signifie, par dommage collatĂ©ral, que cette mĂȘme application devient Ă©galement inaccessible Ă  Madagascar et en Mongolie.

C’est fou, non ?

C’est tout pour moi cette semaine. Je vous laisse avec la liste des pays inclus dans le Google Play Store ‘Rest of the world’ :

  • Afghanistan
  • Andorre
  • Anguilla
  • Antarctique
  • Barbade
  • Bhoutan
  • Brunei
  • Burundi
  • Curaçao
  • Eswatini
  • Ethiopie
  • GĂ©orgie du Sud-et-les Ăźles Sandwich du Sud
  • Guernsey
  • GuinĂ©e Ă©quatoriale
  • Guyana
  • Ile Bouvet
  • Ile Christmas
  • Iles Cocos (Keeling)
  • Iles Cook
  • Iles Heard et McDonald
  • Iles Malouines (Ăźles Falkland)
  • Ile de Man
  • Ile Norfolk
  • Iles mineures Ă©loignĂ©es des États-Unis
  • Iles Pitcairn
  • Jersey
  • Kiribati
  • Kosovo
  • Lesotho
  • Madagascar
  • Malawi
  • Mauritanie
  • Mongolie
  • MontĂ©nĂ©gro
  • Montserrat
  • Nauru
  • NiuĂ©
  • RĂ©publique centrafricaine
  • Saba
  • Sahara occidental
  • Sainte-HĂ©lĂšne, Ascension et Tristan da Cunha
  • Saint-Vincent et les Grenadines
  • Sao TomĂ©-et-Principe
  • Terres australes et antarctiques françaises
  • Territoire britannique de l'ocĂ©an Indien
  • Territoires palestiniens
  • Timor-Leste
  • Tokelau
  • Tuvalu

Et pour dĂ©couvrir quelles applications sont bloquĂ©es dans votre pays ou dans n’importe quel autre pays dans le monde, rendez-vous sur GoogleCensorship.org et AppleCensorship.com.

Merci d’avoir lu Coupe-circuit 🔕🔇! Si cette Ă©dition vous a plu, partagez-la autur de vous.