đźš« Haro sur le VPN
Courts-circuits | 15-21 septembre 2025
Les derniers blocages en date
Gaza 🇵🇸 La bande de Gaza a subi une coupure internet d’environ 35 heures, notamment dans le nord de la région, entre le 17 et le 18 septembre, a confirmé Netblocks.

L’Autorité palestinienne de régulation des télécommunications a annoncé une interruption des services internet et de téléphonie fixe dans la ville de Gaza et le gouvernorat de Gaza-Nord, citant des dommages causés à des infrastructures clés par l’offensive israélienne en cours.
Afghanistan 🇦🇫 Après que Netblocks a remarqué une chute drastique de la connectivité dans le pays le 17 septembre, on a appris que le chef suprême des talibans, le mollah Hibatullah Akhundzada, a ordonné une coupure progressive des services internet. Il a qualifié le web de “racine du mal”.

La société publique Afghan Telecom a d’abord suspendu le service par fibre optique à Mazar-i-Sharif le 15 septembre, avant d’étendre le blackout à Kandahar le 16, selon des responsables locaux. Ces derniers ont indiqué que cette mesure visait à “enrayer des activités immorales”.
Le 18 septembre, la coupure était effective dans cinq des 34 provinces du pays, avant d'être rapidement étendue à 10 autres.
Beaucoup craignent que cet épisode soit les prémices d’une longue coupure, alors que l'économie, et notamment le secteur financier, commence déjà à en souffrir.
Un responsable basé à Kaboul, travaillant pour l’Autorité de régulation des télécommunications d’Afghanistan (ATRA), qui s’est entretenu avec The Media Line sous couvert d’anonymat, a déclaré : “Au moins six ministres du cabinet ont exprimé leurs inquiétudes face au décret sans précédent du chef suprême.” Il a ajouté que les ministres s’étaient réunis dès le 16 septembre pour évaluer les répercussions économiques et administratives de cette décision.
Guinée équatoriale 🇬🇶 On en parlait il y a quelques semaines : les habitants de l'île d'Annobón sont sans internet depuis plus d’un an. Une sanction sévère infligée après leurs plaintes concernant des explosions à la dynamite menées par une entreprise de construction marocaine en juillet dernier.
Cette mesure radicale et immédiate a plongé la petite île dans un isolement total, avec des conséquences dévastatrices pour ses 5 000 habitants. L'entreprise marocaine Somagec, que des militants accusent d'être liée au président équato-guinéen, a confirmé la coupure internet mais a nié en être responsable.
Des dizaines de signataires d’une lettre de protestation ainsi que d’autres résidents, ont été emprisonnés pendant près d’un an, selon les rapports d’organisations de défense des droits humains et des sources locales.
Le blocage persistant d’internet a poussé de nombreux insulaires à fuir, invoquant des craintes pour leur sécurité et les conditions de vie devenues intenables sans connectivité.
Les services essentiels se sont effondrés : les opérations bancaires sont à l’arrêt, et les soins d’urgence à l’hôpital ne sont plus disponibles.
Plusieurs médias ont récemment couvert cette interminable coupure, un moyen de rappeler au monde le caractère inquiétant de cette situation. “En plus de la coupure internet, les appels téléphoniques sont étroitement surveillés et parler librement peut s'avérer dangereux”, a déclaré Macus Menejolea Taxijad, un habitant de l'île récemment contraint à l'exil, dans les colonnes de The Independent.
L’actu de la censure numérique en bref
🇺🇸 Au Michigan, une proposition de loi envisage d’interdire tout bonnement les VPN et autres outils de contournement du trafic internet. Le but : bloquer toute possibilité d'accéder à des contenus moralement inappropriés (entendre : le porno, notamment). Si la loi était votée, promouvoir l’utilisation de VPN pourrait être sanctionné d’une amende de 500 000 dollars…
🇲🇻 Aux Maldives, une nouvelle loi sur les médias conférant au régulateur des pouvoirs étendus d’amende, de suspension et de blocage suscite de vives inquiétudes quant à la liberté de la presse.
🇷🇺 Un groupe de 30 organisations dénoncent le tournant dramatique qu’est en train de prendre le contrôle de l’internet par le Kremlin en Russie dans une lettre ouverte publiée le 16 septembre. Parmi les signataires, on retrouve les ONG Access Now et Article 19, l’Electronic Frontier Foundation, le Tor Project et Index on Censorship, mais aussi la Global Network Initiative, groupe de fournisseurs d'accès à internet s’engageant dans des pratiques respectueuses des droits numériques, ainsi que Proton et Tuta Mail, deux fournisseurs d’e-mails chiffrés de bout en bout et autres services numériques sécurisés (interdits en Russie), et Nord Security, qui édite notamment NordVPN. Pas sûr que cette lettre ne fasse changer la politique de Poutine en la matière, malheureusement.

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