🇺🇬 Kampala: accès à internet garanti pendant le scrutin (?)

Courts-circuits | 29 décembre 2025-4 janvier 2026

🇺🇬 Kampala: accès à internet garanti pendant le scrutin (?)

Les derniers blocages en date

Ouganda 🇺🇬 Alors que le pays se prépare pour l’élection présidentielle prévue pour le 15 janvier 2026, Starlink a accepté la requête du gouvernement de suspendre son service d’internet par satellite dans le pays. Une décision qui ne plaît pas à l’opposant Bobi Wine, qui a demandé à Elon Musk de rétablir le service.

Wine a également alerté la population ougandaise de l’intention du gouvernement de couper l’internet dans le pays, ce que ce dernier a formellement nié. Le gouvernement a également réfuté les accusations de Wine suggérant que le pouvoir en place souhaitait l’arrêter avant le scrutin.

En tout cas, il est un service d’un autre ex-PDG de Twitter/X qui suscite l’intérêt dans le pays : Bitchat, la messagerie hors ligne par Bluetooth de Jack Dorsey. Fin décembre, les recherches pour s’informer sur l’application et la télécharger ont bondi en Ouganda.


Venezuela 🇻🇪 La capitale du pays, Caracas, a été plongée dans le noir et a connu de grosses coupures d’internet le samedi 3 janvier, en parallèle des frappes nocturne de l’armée états-unienne. A l’heure actuelle, on ne connaît pas la nature de “l’expertise” évoquée par Donald Trump pour expliquer le modus operandi utilisé par l’intervention des Etats-Unis.

Elon Musk, de son côté, a rendu son service Starlink gratuit dans le pays, au moins jusqu’au 3 février.


Pakistan 🇵🇰 D’après le site d’actualités tech pakistanais TechJuice, il est de plus en plus difficile d’utiliser les principaux services commerciaux de VPN (ProtonVPN, NordVPN, ExpressVPN, Mullvad, Surfshark, etc.) dans le pays à cause d’un renforcement des mesures de restriction des VPN par le gouvernement.

L’actu de la censure numérique en bref

🇮🇷🤝 Le gouvernement iranien semble enclin à écouter certaines “demandes légitimes” des manifestants alors que le pays voit le rial iranien plonger et est en proie à une crise politique. Ces demandes pourraient-elles inclure l’assurance de maintenir l’accès à internet à tout prix ? The Guardian, 30 décembre 2025

🇸🇾📜 Doug Madory, directeur de l’analyse internet chez Kentik et figure de la communauté de la mesure du trafic en ligne, a été en contact pendant des années avec un ingénieur en télécommunications syrien travaillant pour Syria Telecom.

Alors que le régime de Bachar al-Assad est enfin tombé, en décembre 2024, cet ingénieur l’a autorisé à raconter son histoire pour le média Syria Untold. Cet homme, que Madory appelle “Mahmoud” pour préserver son identité, a traversé de nombreuses épreuves au cours des années 2010, des débuts des révolutions arabes jusqu’à la chute d’al-Assad.

Par exemple, à l’été 2013, Mahmoud se rend en bus d’Alep vers Idleb pour fêter l’Aïd avec sa famille. Le voyage est interrompu par un checkpoint : non pas celui du régime, mais un barrage de l’État islamique, reconnaissable à ses drapeaux noirs. Les combattants montent dans le bus, contrôlent les papiers et inspectent les affaires. En découvrant dans le sac de Mahmoud son passeport avec un visa chinois et des photos prises devant des équipements Huawei lors d’une formation, ils comprennent qu’il travaille dans les télécoms. Il est immédiatement emmené, les yeux bandés et menotté, vers une prison de l’EI.

Après plusieurs interrogatoires, dont un où un geôlier lui plaque un couteau sur la gorge en l’accusant d’être chiite, les questions se focalisent sur le réseau national syrien. Les responsables de l’EI veulent savoir comment contrôler l’internet en Syrie. Mahmoud leur explique que ce n’est pas possible depuis ce lieu, mais, pour tenter de sauver sa peau, il finit par leur offrir une autre information : il leur décrit une installation de télécommunications située près de la petite ville de Saraqeb, en zone tenue par l’EI, par laquelle transite une partie cruciale de la connectivité vers Alep et le nord du pays. En détruisant certains équipements dans ce site, l’État islamique pourrait couper l’accès à internet à une large zone sous contrôle du régime, gênant ses communications militaires.

Mahmoud sera finalement relâché. Ce n’est qu’après sa libération qu’il apprendra ce qu’il s’est passé : des combattants de l’EI ont bel et bien trouvé l’installation décrite, arraché les cartes optiques des routeurs et provoqué une longue panne d’internet dans le nord de la Syrie, y compris à Alep. Ironie tragique, les djihadistes n’ont jamais compris qu’ils détenaient, sur un simple disque dur externe saisi avec ses affaires, une cartographie quasi complète du réseau de Syria Telecom, avec configurations et mots de passe de nombreux équipements centraux - un trésor technique dont ils n’ont pas su tirer parti. Syria Untold, 27 décembre 2025

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