🛰️ La censure chinoise a la tête dans les étoiles

Courts-circuits | 22-28 septembre 2025

🛰️ La censure chinoise a la tête dans les étoiles

Les derniers blocages en date

Afghanistan 🇦🇫 Les interruptions (volontaires) de l’internet en Afghanistan se poursuivent, avec une coupure “temporaire” à Herat, dans l’ouest du pays, le 22 septembre.


Guinée 🇬🇳 Alors que les Guinéens votaient pour une nouvelle Constitution le 21 septembre, Netblocks a alerté d’un blocage de Telegam et Facebook.

Malgré l’appel au boycott lancé par l’opposition, le “oui” au référendum constitutionnel l’a emporté avec 89% des suffrages exprimés et un taux de participation à 86%, d’après des résultats officiels provisoires.

Si le Premier ministre Bah Oury s’est félicité du résultat, pour l’opposition à la junte dirigée par Mamadi Doumbouya, le référendum est une “mascarade”.


Chine 🇨🇳 L’Administration chinoise du cyberespace (CAC), le régulateur chinois d’internet, a lancé une campagne nationale de deux mois visant à réprimer les contenus en ligne jugés comme promouvant des sentiments violents ou hostiles.

Cette initiative a été lancée à la suite de sanctions infligées à des plateformes majeures, notamment l’application de vidéos courtes Kuaishou, Weibo (équivalent de X, ex-Twitter) et le réseau social Xiaohongshu (similaire à Instagram), pour diverses infractions.

La CAC a annoncé qu’elle mènerait des inspections approfondies des sujets en tendances sur ces plateformes, des algorithmes de recommandation de contenus et des commentaires sur les réseaux sociaux.

Et ce n’est pas tout : pour la CAC, sky is not the limit. L’organisme a proposé des mesures de contrôle de l’internet par satellite.

L’actu de la censure numérique en bref

🇮🇳🧑‍⚖️ La Haute Cour de l’Etat indien du Karnataka a rejeté une demande de X (ex-Twitter) de faire machine arrière sur un mécanisme de contrôle des contenus en ligne. Ce bras de fer judiciaire, qui oppose le gouvernement indien au réseau social d’Elon Musk, prend racine en 2023. Depuis cette année-là, l’Inde permet à des milliers de fonctionnaires d’exiger via le portail Sahyog le retrait de contenus (critiques politiques, caricatures, articles sensibles), sous prétexte de lutter contre la “haine en ligne”. X refuse de coopérer et a saisi la justice en mars 2025, dénonçant des mesures illégales et liberticides.

🌍📕 Un nouveau livre intitulé Internet Shutdowns in Africa: Technology, Rights and Power vient d’être publié aux éditions Bloomsbury Publishing. On y apprend que le continent africain a connu 190 coupures internet entre 2016 et 2024. L’Ethiopie est, malheureusement, la championne de ces pratiques, avec 30 coupures sur cette période, suivie par le Soudan, avec 21. Cette anthologie regroupe des articles de chercheurs de l’African Digital Rights Network, en partenariat avec l’Institute of Development Studies de l’université du Sussex, à Brighton, au Royaume-Uni.

🇨🇦⚖️ Au Canada, Steven Guilbeault, ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, a confirmé que le gouvernement souhaitait réintroduire l’Online Harms Act pour la troisième fois en quatre ans. Ce projet de loi contre la haine en ligne, abandonné après que Justin Trudeau a démissionné comme premier ministre du Canada et chef du Parti libéral, est fortement controversé dans le pays. Certains affirment qu’il permettrait au gouvernement canadien d’imposer un véritable véhicule de censure numérique.